Guadeloupe

Photos et petits discours de Guadeloupe mon pays d'adoption.

20 août 2007

Dean vo Hervé : 1/1

Au restaurant "La Grand Voile" ils ont perdu leur sable mais gagné un bateau !

PICT1582N'étant au courant de rien ou pas grand chose, nous voulions voir de visu la marina de Saint François pour voir si les pontons tous nouveaux avaient tenu le coup ceci pour un éventuellement déménagement du "Le Café de la Plage". Mais avant d'y arriver quelle ne fut pas notre surprise en passant devant l'église de voir se dessiner juste devant le restaurant "La Grand Voile" la silhouette couchée d'une navette ! Ma copine Nikki (elle toujours au fait de tout) m'a même envoyé une photo (peut être prise pendant le cyclone) de la bête que je vous transmets à mon tour...

En arrivant près du resto, nous voyons Fanny armée d'une binette (:-) et de gros gants en caoutchouc... Plus de sable sur la jolie terrasse mais... une planche avec des clous, un morceau de polystyrène, un bout de cactus, un aout_2007_011caillou, un bout de bateau, bref, quelques mètres cube de choses diverses apportées par la mer. Pas une once de grain de sable dans la salle, pas un dégât, ils peuvent sauter de joie !!!! Même les tentes ont résisté : appelez ça comme vous voulez, mais moi, je dis qu'ils ont beaucoup de chance !

Hervé se serait bien passé de tout ce remue ménage mais RFO étant venu filmer le bateau (donc, le restaurant) voilà peut être une publicité efficace ! Hier matin, en allant surfer, on a été ravis de voir les petits parasols rouge et blanc qui avaient repris leur place : sur la terrasse. L'équipe semblait prête à affronter l'invasion des curieux gourmands !

Par contre, un concurrent déloyal s'est installé de l'autre côté

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du phare du restaurant et.... offre 50 places assises ! Rations de survie, eau saumâtre, boudin noir et algues en tout genre !!! Comme dessert miroir de signalisation (ou glace au café). Il y en a vraiment qui ne doutent de rien !aout_2007_016 Tout est donc rentré dans l'ordre à la Grand Voile !!!!

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18 août 2007

Cyclone Dean

Nous habitons une bien belle île mais parfois les phénomènes météorologiques font parler de nous, un peu trop à notre goût ! Ah si ces ondes et tempêtes tropicales se bornaient à rester ondes et tempêtes, mais non, certaines se mettent à avoir un nom et à se transformer en cyclone. Comment envisager au mieux cette situation ? isvratl1

D'abord, s'informer, suivre pas à pas la progression sur internet si comme nous vous n'avez pas la télé et écouter les bulletins de la radio.Tagant

Ensuite, ne pas hésiter à faire comme les autres soit vous précipiter au supermarché du coin pour faire provision de produits secs (pâtes, riz) conserves en boîte, bougies, allumettes, eau en bouteille, serpillières, piles pour la radio car si le cyclone est important, EDF coupe l'électricité (ou le cyclone s'en charge) et vous vous retrouvez dans le noir, sans nouvelles. Une petite radio peut rendre un grand service, et puis les bougies donnent une ambiance qu'on aime tellement ! Pourquoi des provisions ? Si vous êtes bloqués par des arbres abattus sur la route, la DDE ou la mairie parent au plus pressé et au plus vital et vous risquez de rester bloqués chez vous quelques jours. Les précipitations peuvent abîmer les conduites d'eau et rendre l'eau impropre à la consommation...aout_2007_080

Ceci, fait, nous avons un bateau, bien vieux que nous aimons et qui, même s'il est assuré, ne pourra pas être remplacé dans notre coeur. Il nous faut donc le dégréer, c'est à dire le mettre tout nu, sans voiles, sans bimini, bôme démontée avec des amarres quadruplées sur l'avant, l'arrière, et des pneus de voiture pour doubler les pare battages. L'ancre a été déposée également au fond de la marina. Le bateau a été éloigné du quai. Tout ceci nous a pris pas moins de 4heures avec la visite de tous les voisins qui se demandent comme nous ce qu'il faut exactement faire. Quand on ne sait pas, ça rassure !!! Et puis nos amis, Roxane et Jérôme avec leur petit Matteo restent sur leur bateau en face du nôtre et leurs parents aussi sont sur le même quai. Ils interviendront si nous avons un problème...

TagantRetour à la maison (Bernard s'est levé à 4h pour aller soigner ses patients) et bien que la sieste nous attire, nous parons au plus important : élaguer le flamboyant, le mapou, le fromager ! 4 mètres cube de végétaux que nous emmènerons plus tard vers la déchetterie. Au moins, le toit du bungalow ne risque pas d'être abîmé par les branches ! Michel nous prête main forte. Je termine de ranger et nettoyer les deux chambres pour accueillir les "bungalovers" au cas où ! Mais que de choses à faire au dernier moment ! Puis Bernard repart pour les soins du soir en prévoyant l'insuline du lendemain matin pour les patients qui peuvent se piquer tous seuls. Car les soins infirmiers ne peuvent être faits puisque l'interdiction de sortir les inclus aussi ! Nous avons senti Anita et les enfants un peu inquiets et l'apéro que nous leur proposons remet tout le monde d'aplomb. Un jus de fruits pour les petits, un planteur pour Anita et un ti punch pour les autres... ils passeront la nuit dans le bungalow !!! Retour sans arrêt sur internet, qui a fonctionné toute la nuit et dodo. Nous sommes réveillés par la clim dont le ventilateur tourne à l'envers à cause du vent. Nous sommes obligés de la couper et c'est tout, après une journée comme on a eu, le vent ne nous a pas réveillé !

Vers 4 h, je n'en crois pas mon nez, ça sent le café ! Je me lève pour constater que Bernie est debout, qu'il déjeune face aux éléments déchaînés dans le noir ! Mais il ne va pas y aller quand même !!! Presque dépité, il me dit avoir téléphoné à la gendarmerie qui a confirmé que tout Bernard qu'il soit, il ne doit pas sortir pour aller voir ses patients ! Oh merci Monsieur le Gendarme ! je me recouche, rassurée après avoir regardé la progression de Dean. Réveil à 8h, au plus près, Dean n'est pas vraiment à craindre. L'anémomètre indique 45 noeuds ! La mer n'a pas monté, nous avons les pieds au sec. Les bungalovers dorment encore !

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Journée à se reposer, à regarder internet, a faire la cuisine comme si un instinct bassement vital m'obligeait à nourrir la tribu ! Marie "Chipote" comme dit Bernie a confectionné un gateau au chocolat et un flan salé au fruit à pain. Je suis allée cueillir hier deux corossols (respectivement 1,2 kg et 1,8kg) ils sont mûrs à point, un délice... Comme quoi, on a beau dire, se retrouver entre humains et partager un repas, c'est ça la vie !!!

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11 juin 2007

Inogurécheune

Vendredi 15 juin, vous êtes conviés (sur invitation) à l'inauguration de notre boutique !

Vous êtes des veinards quand même !carton_l_ger Parce que j'espère qu'il y aura encore quelques petits fours quand vous arriverez ! C'est un traiteur qui nous fait notre cocktail d'inauguration ! Il s'appelle Le Mien. Il a fait un stage chez Le Nôtre, mais on préfère rester simple... Au menu : pain surprise, boudin créole, pastel malien, petits fours et gâteau opéra ! Planteur et jus de fruits...

Après deux mois de travaux insencés et 3 mois d'exploitation, on peut faire partager notre joie à tous nos amis et les convier, pour ceux qui seront en Guadeloupe à l'inauguration du Quai Zen ! Tenue décontractée souhaitée ! Pas maillot de bain obligatoire, mais tenue plage, tongs, tee shirt et bermuda !

A plus !

Hélenne et Bernie !

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04 juin 2007

Les yeux de ma mère...

Les yeux de ma mère ont été toujours cachés aux miens. Lorsque j'étais petite, elle les dissimulait derrière d'énormes lunettes qu'on pourrait vulgairement appeler "des culs de bouteille", mais moi je les trouvais beaux quand même ces minuscules petits yeux derrière ces loupes qui les rendaient tous petits...

Puis, vint l'ère des lentilles cornéennes. Nous partimes donc à 4 sur Paris pour ce grand événement. Il fallait les faire fabriquer sur Paris, et rester plusieurs jours pour les adapter à l'oeil maternel. Devant moi, chez l'opticien, juste à hauteur d'enfant de 6 ans, on voyait tout un tas de prothèses, de faux yeux de toutes les couleurs, effrayants, d'un réalisme fascinant, et des lentilles qui devaient couvrir tout l'oeil. Heureusement, ma mère opta pour de petites lentilles ne couvrant que l'iris. Mais quand même quel spectacle pour les enfants ! Ces lentilles étaient rigides, il fallait donc un temps d'adaptation qui se résumait à quelques minutes de pleurs ininterrompus le temps de remettre les lunettes. Enfin, après quelques jours, nous pouvions retourner sur Nantes, et regarder les yeux de ma mère derrière ces lentilles (grisées)...

Les lentilles se suivirent d'années en années pour obtenir un bleu (joli mais pas vrai) des yeux de ma mère. Moi je voyais bien qu'ils n'étaient pas vrais mais j'y étais habituée. C'est comme moi avec mes cheveux roux rouge orange, je ne sais plus à quoi ils ressemblent en vrai (d'autant plus qu'ils ont dû grisailler maitenant, mais je préfère ne pas le savoir).

petit_momEt puis, vint l'ère du Docteur Santiago (hissez haut), ou Santiano, ou Santo Domingo, mère rectifiera. Non seulement ce roi du bistouri microscopique sauva sa vue, supprima sa cataracte, mais en plus, il m'offrit un regard nouveau sur elle. Et ma mère le jour de ses 75 ans, se changeant dans sa chambre pour se vêtir d'un tee shirt "Quai Zen" qui me regarde dans la lumière et qui me dit "tu as vu comme ils sont beaux ?". Elle a raison, ils sont beaux, magnifiques même ! finis ces yeux de myope et ce regard flou, ses yeux, ses vrais yeux sans artifices ont fait des étincelles dans mon coeur... D'ailleurs, pour vous le prouver, j'ai une splendide photo prise ce jour là, les bulles sont dans le verre mais l'éclat est dans l'oeil !!! N'hésitez pas à cliquer sur la petite photo pour l'agrandir et voir les vrais yeux de ma mère !!!!!!!

Pour finir, une chanson que je voulais chanter pour son anniversaire, mais : j'avais oublié le CD à la maison, il n'y avait rien pour passer ce morceau, j'avais laissé les paroles en Guadeloupe. Cet artiste s'appelle Arno, il est belge, et tout le monde sait que j'aime le belge...

Ma mère elle a quelque chose / Quelque chose dangereuse / Quelque chose d'une allumeuse / Quelque chose d'une bourlingueuse.
Elle a des yeux qui tuent / Mais j'aime ses mains sur mon corps / J'aime l'odeur de son cou / Oui je suis comme ça

Dans les yeux de ma mère / Il y a toujours une lumière / Dans les yeux de ma mère / Il y a toujours une lumière / L'amour je trouve ça toujours / Dans les yeux de ma mère / Dans les yeux de ma mère / Il y a toujours une lumière

Ma mère elle m'écoute toujours / Quand je suis dans la merde / Elle sait quand je suis con et faible / Et quand je suis bourré comme une baleine / C'est elle qui sait que mes pieds puent / C'est elle qui sait comment j'suis nu / Mais quand je suis malade / Elle est la reine du suppositoire

Dans les yeux de ma mère / Il y a toujours une lumière / Dans les yeux de ma mère / Il y a toujours une lumière / L'amour je trouve ça toujours / Dans les yeux de ma mère / Dans les yeux de ma mère / Il y a toujours une lumière

Ma mère a quelque chose / Quelque chose dangereuse / Quelque chose d'une allumeuse / Quelque chose d'une bourlingueuse.
Dans les yeux de ma mère / Il y a toujours une lumière / Dans les yeux de ma mère / Il y a toujours une lumière / Dans les yeux de ma mère.

C'est beau hein ? le vrai Arno avec les vraies paroles, cliquez deux fois sur la flèche dans le lien suivant : http://www.edonis.fr/index.php/post/2006/11/20/Arno-Les-yeux-de-ma-mere

A plus !

Posté par bleue971 à 16:44 - Divers sentimentaux - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 mars 2007

Les passeports de deux pareils

Je vais vous raconter une histoire qui, si elle n'était pas vrai ne serait pas drôle bien sûr !!!

Il y a quelques années, je m'aperçois (trop) peu de temps avant que les jums ne prennent l'avion, qu'ils n'avaient pas de passeport (nous partions sur les Etats Unis).

Je me renseigne vite vite vite sur les pièces nécessaires, je fouille et refouille l'imposant bureau de fonctionnaire acheté trois francs si sous à une vente aux enchères avec pleins de tiroirs immenses dans lesquels pouvaient rentrer l'historique complet de la famille sur les dix dernières générations, trouve l'introuvable soit deux photos identiques des deux jums en question, (les jums étant ce matin là à l'école), reconnaissables par leur maman sans coup férir ! Un miracle !

La jolie jeune femme adorable qui me reçoit atteste que tout y est, que oui vraiment, je vais avoir les passeports en temps et en heure, même s'il faudra peut être aller les chercher à la préfecture de Basse-Terre... S'ouvrent alors deux dossiers cartonnés imprimés sur lesquels de sa jolie écriture, elle note les rubriques demandées et trombone (ça se dit ?) les extraits d'acte de naissance et avant d'y tromboner les photos me dit : "Pouvez vous indiquer au dos des photos les nom et prénom de chaque enfant ?" "Mais bien sûr voyons".

Voyons, voyons, voyons. Jumal x... et... euh... "Euh madame, je me suis trompée, j'ai pris deux séries de photos différentes mais en fait c'est le même enfant pris à quelques mois d'intervale"... "Vous êtes sûre ?" "Ben non, pas trop attendez... (en apparté) ça c'est lui, c'est sûr, et ça... ben oui, c'est lui"... Oui, je suis sûre, c'est le même...

Pourquoi tant d'honnêté ? Vous qui êtes mère ou père savez que tout ce qui touche aux enfants est "sacré". Superstition ! surement mais celui qui n'a pas croisé les doigts derrière son dos touche du bois !!!

La secrétaire me regarde l'oeil rond, le sourire en coin... "le courrier pour Basse Terre part dans 1/2 heure..." (une demi-heure pour aller voir la directrice de l'école, récupérer les gamins, les faire photographier, retourner au poste de police : impossible). Départ du courrier deux fois par semaine...

"Madame ?" "Moui???" "Quand vous avez pris les photos dans votre bureau métallique qui pèse une tonne, vous pensiez que les photos des enfants étaient les mêmes ?" "Non, j'étais sûre que c'était deux enfants différents" "Alors, si VOUS vous vous êtes trompée, le fonctionnaire de douane ou de police ne se rendra compte de rien" on va laisser les photos comme ça !

Notre complicité dure depuis ce jour là, où une fonctionnaire humaine m'a rendue ce service au risque de se faire tancer vertement par un supérieur hiérarchique qui aura remarqué le petit grain de beauté sur la joue droite de Jumal qui ne se retrouve pas sur celle de Jumax. Ils ont toujours leur ancien passeport, et se les sont échangés ce qui ma fois est bien pratique quand l'un vit à l'étranger et que l'autre peut faire des démarches administratives à sa place... Je sais, c'est pas moral, mais ça a le mérite d'être vrai !!!

Posté par bleue971 à 21:00 - Mes jumeaux - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Les Rois de la Débrouille

Il y a tellement longtemps que je ne me suis pas mise sur ce blog, que je ne me souviens plus bien comment ça marche. Nous allons essayer Capitain' Troyes et Corail de vous donner un aperçu de nos capacités manuelles. Rassurez vous, rien de scabreux, juste savoir faire quelque chose de ses dix doigts.

Comment faire pour passer de ça .......... à  ceci ??????????

2007_0052007_1864C'est très simple : Un homme motivé, une femme motivée, 25 kg de peinture bleu ciel, 500 kg de pin traité à coeur, une bonne dose d'huile de coude, et des idées à revendre pour ouvrir un local découvert par hasard le 19 décembre 2006, convaincre le propriétaire un peu pris au dépourvu de signer avec nous le 28 décembre et entamer les travaux alors que TOUS les enfants sont chez nous et qu'on devrait s'occuper d'eux !

Mission accomplie, nous avons réussi la gageure de découvrir le dernier local à louer de cette zone commerciale à Damencourt et d'être prêts le 3 mars !!!! Ouverture ! Champagne (euh eau gazeuse), petits fours (euh chips) non, vous n'avez pas été invités car il ne nous reste plus rien pour remplir nos assiettes... Bientôt peut être !

Donc l'aventure débutait ainsi. A la recherche d'un local à louer, nous avions fait toutes les agences de location, pour cette zone, nous sommes allés chez "Miloud" pour lui demander si le petit local à côté de sa pizzeria allait se libérer. Non, nous dit il mais il y en a un à louer à Damencourt (le lieu de nos recherches). On y va et on trouve un tout petit papier marqué "à louer" avec un téléphone et pas comme on s'y attendait un panneau d'agence immobilière. Nous visitons, le propriétaire (nous l'appellerons Mister) n'a pas que nous sur les starting blocks et repousse repousse repousse nos rendez vous. Enfin, de guerre lasse, il nous donne un vrai rendez vous et nous lui présentons notre projet qui le séduit, mais il y a les autres qui sont avant nous. Notre Corail nationale, forte de ses accélérations inédites et inattendues, telle Marie Jo Pérec, se concentre et sort de son fatras superstitieux : morceau de bois qu'on touche à deux mains, fleur de frangipanier à Ganesha, tout un tas de "si j'arrive a tourner avant le camion, c'est bon", "si je prends cette vague et que je la surfe pendant 12 secondes c'est bon", "si le Capitain Troy ne voit pas que je me suis fait une teinture, c'est bon", "si le chien du voisin aboit dans les 2 minutes, c'est bon"... bref, quelles journées exaltantes ! Il n'y a que la patte de lapin à laquelle je n'ai pas adhéré.

Nous signons donc pour un local "brut de décoffrage", autrement dit "en l'état", l'état vous le voyez sur la première photo ! Nous plaisait : les traces de pattes de chien dans le béton frais, les trous dans le béton banché mal vibré, et le reste, mais le reste c'était rien puisqu'il n'y avait que ça.

2007_019 2007_0232007_024Inquiets, la trouille au ventre devant l'énormité de la c... que nous (je) venions de faire nous jugeons de la tache qui nous attend. D'ailleurs, la tâche, vous ne la verrez ni sur Armel à l'extrême gauche, ni sur Antoine et Andrea à l'extrême droite, mais bien sur leur vieux parents vêtus de leurs plus beaux atours ! Peinture blanche : une journée à deux, au prix d'un peintre qui n'aura de toute façon pas tous les outils en mains au jour dit ! Voilà notre premier challenge, avoir tout sous la main tout de suite. Aaaaahhhhhhh, je vais dormir un petit coup tiens !

Posté par bleue971 à 18:47 - Bricoles - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 octobre 2006

Mes jumeaux

jums2"C'est le même corps enlacé à son double, le même visage aux paupières mêmement abaissées qui présente à la fois sa face et son profil droit, l'une ronde et sereine, l'autre sec et pur, tous deux murés dans un refus unanime de ce qui n'est pas l'autre". Michel Tournier, Les Météores.

Bon voilà, on me les redemande encore et encore, je vais donc vous en parler.

Quand une personne normale va au théâtre, elle emmène ses jumelles de théâtre pour pouvoir jouir du spectacle tranquille dans son coin sans se démonter la tête à essayer de voir les acteurs là très très loin. Mais bien sûr, Corail qui ne fait rien comme les autres n'emmène pas ses jumelles au théâtre mais ses jumeaux. Pourquoi me direz vous ? Parce que déjà elle en a et qu'en plus ils aiment le théâtre.

jums1Vous dire qu'ils ont marché à 18 minutes d'intervalle (après 15 mois d'essais infructueux) qu'ils ont eue leur première dent le même jour et que les autres se sont suivies à quelques heures de différence ne peut que vous donner un état approximatif du problème maternel gémellaire. La mère de jumeaux ne se demande pas pourquoi le premier pleure mais QUAND le deuxième va commencer à hurler. Nous pourrions discerter les uns et les autres sur la façon de les habiller (quand on habite sur une plage et que le jardin c'est du sable, en général, ils sont habillés pareil, en tenue d'Adam), de les séparer ou non dans les classes maternelles puis primaires puis secondaires. De les séparer le plus souvent possible... Imaginez vous un peu, mère ou père de trois enfants dont deux nés à 7mn d'intervalle, réussir à en caser 2 chez un papi et 1 chez une mamie, cela frise l'irréalisable quand de surcroît, les grands parents en question se trouvent de l'autre côté de l'atlantique et "veulent bien les prendre mais pas plus de 15 jours"... donc, il vaut mieux réfléchir et faire deux tirs groupés de trois enfants fois 15 jours, cela fait 1 mois de trente jours de félicité des parents indignes qui "fourguent" leur progéniture à des personnes qui jusque là étaient saines de corps et d'esprit !

Ils le seraient moins si les inséparables étaient chacun chez l'autre parce que :  lé jumax ? chez l'un ... lé jumal ? chez l'autre, traduisez après 8 ans de langage "jumeaux" on fini par comprendre : mamie il est où le frère qui est presque moi ? et si l'on ne lui amène pas son miroir tout de suite, je vous laisse imaginer l'inimaginable. Oui, je sais , ça n'est pas bien de parler de miroir, de pareil, de semblable, de similaire, mais quand vous dites à l'un "oh tu as bronzé !!! " et que plutôt que de regarder dans un miroir, un vrai, il prend le visage de son frère dans ses mains et le tourne pour "se" regarder !  Waw on se dit qu'il y a des subtilités qui doivent échapper aux psychologues et psychiatres... On ne peut pas tout raconter, mais on peut se remémorer des scènes amusantes ou dramatiques ! L'une d'elle est quand même édifiante : Jumal marche pieds nus (et tout nu) sur une planche avec un clou. Le clou (et la planche) reste planté dans le pied et j'entends fort, mais relativement calmement : MAMAN !!! Puis, un hurlement retentit avant que je n'arrive, Jumax, l'oeil dilaté, la bouche grande ouverte HURLE  et pleure, et gesticule... Je me précipite vers Jumax qui me montre du doigt, la planche, le clou, le pied, Jumal... Il avait je n'en doute pas plus mal que son frère !!!

jums3Sur deux photos de ce texte, on les voit habillés presque pareil. Chemise à carreaux par exemple avec un tee shirt en dessous. Vous croyez que c'est fait exprès ? Que nenni, je suis sûre qu'ils ne s'en sont pas rendus compte !

Bon, aujourd'hui, ils ont 22 ans. L'un est en Ecosse, l'autre en Guadeloupe. Ils ont fait fort tous les deux en ce beau jour de vendredi dernier ! Jumal me téléphone pour me dire qu'il vient de quitter son patron, sa cuisine,  sans tambour ni trompettes à 5 heures du matin qu'il ne sait pas où aller, qu'il part sur Cambridge ... et au même moment, Jumax faisait un scandale dans sa cuisine à tout casser ce qui lui tombait sur la main ! Bon heureusement, on a le téléphone, les deux se parlent, papotent et le lendemain tout est rentré dans l'ordre ou presque. Mais qu'est ce qui leur prend comme ça ! Quelle mouche les pique si loin l'un de l'autre !!! Et la mère Corail dans tout ça qui se dit "bon, y'en a un qui pête les plombs mais ce n'est pas trop grave" et bien bingo, deuxième coup de fil, deuxième cata !!!!!

MAIS C EST PAS POSSIBLE !!!!! Ils ont des antennes ces deux là !

Et puis zut pour les psys et les chiatres, ils sont nés jumeaux, ils se ressemblent, ils s'aiment, ils aiment être deux. Il n'y a pas de recette pour les rendre différents, ou heureux, ou bien dans leur peau, ils sont juste ce qu'ils sont "ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre".

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22 septembre 2006

Pasta al nero di sepia de Ernesto et Monique

Monique et Ernesto puis Emilie Ernesto_Monique!

Ils furent les premiers à venir au bungalove et les premiers encore à y revenir. Ce sont également les premiers et pour l'instant les seuls a avoir eu notre visite dans leur pays d'origine ou d'adoption : Paris La France !!!!

Ils nous ont apporté lors de leur deuxième visite, une valise contenant : une recette de pasta al nero di sepia, des bavettes n°13 de Barilla (prononcer ba ri la et non pas bariya) et eh oui !!!! du noir de seiche ! nero di sepia ! Ils ont bravé le chien de douanier, un bien brave labrador doré au nez très fin et dressé espécialement par ses maîtres pour traquer les entrées illégales de noir de seiche !!!!

Le résultat est là en image : ça n'est pas dans le bon ordre parce que dans le bon ordre, ça n'était pas aligné !!!

Assiette_noire

nero_di_sepia_1

nero_di_sepia

nero_di_sepia_2jpg

Assiette finale.............Noir de seiche en sachet......Dans la casserole.... La cuisinière...

De petits sachets que loin d'avaler pour éviter les contrôles douaniers, ils ont simplement glissé dans leur valise... Trouver des seiches vivantes ou mortes dans les boutiques du Moule cela n'a pas été possible, mais nous nous sommes rabattus sur des calamars. Exténuant de nettoyer ces bestioles et un goût pas assez prononcé de fruits de mer. Par contre, je me suis promis d'essayer avec du poulpe, (chatrou ou chatou en Guadeloupe), le poulpe ayant un goût plus prononcé. Nous nous sommes donc régalés avec ces merveilles.

En fin cuisiniers, ils nous ont invité au bungalow pour une grillade royale !!!! langoustelangouste_2

Personnellement, je me suis régalée d'une demi langouste et d'une tête complète... on est bretonne ou on ne l'est pas, et je le suis ! Je suis née à Nantes, et j'attends, les bras croisés, la tête de côté, le pied droit battant la mesure (du biniou qui résonne dans mon crane de bretonne et qui fêle paraît-il les fonds baptismaux si le curé cogne la dite sur le dit...) oui bretonne et Nantaise, qui boit son petit muscadet de sèvres et maine avec une langouste de la caraïbe !!!

J'attends bien sûr vos commentaires !!!!!

Posté par bleue971 à 20:53 - Recettes des bungalovers. - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 septembre 2006

Les Castors

castor_1Castor : Les castors étaient après la guerre, des hommes et des femmes qui construisaient eux mêmes leur maison. Ils s'étaient regroupés en un genre d'association pour acheter des matériaux moins chers auprès de certains commerçants. Il semble que les castors existent toujours, on trouve des sites sur le sujet. Comme cette association a pris de l'ampleur, mon père je me rappelle allait au magasin en disant qu'il était Castor, je ne me rappelle pas s'il avait une carte, mais sans doute pas, il suffisait qu'il donne son nom, on regardait dans une boîte s'il y avait une fiche cartonnée à son nom et peut être un numéro, et cela suffisait. Il y a donc eu aussi de l'outillage "Castor" qui est apparu, du semi professionnel mais c'était inoui à l'époque de voir des perçeuses électriques. Mon père a commencé à faire sa maison avec une chignole, des scies égoïnes, des fils à plomb et en tournant ces inombrables mètre cube de béton à la main, avec une pelle et le bruit... rrrrraaaaaakkkkkk, rrrraaaaakkkkk.... Le sable était tamisé à la main etc etc... De toute façon, il n'y avait pas d'électricité sur le chantier donc pas de possibilité de brancher quoique ce soit. Certains castors s'entraîdaient un week end chez l'un un week end chez l'autre.

Quand Papa a construit sa maison, j'ai posé la première pierre, je devais avoir 2 ou 3 ans. Je me souviens d'un petit seau de plage bleu avec des crénelages pour faire chateau de sable de princesse et on l'avait rempli (un peu) de béton et avec ma pelle de plage, j'ai posé du béton sur un parpaing. Gwen vous dirait exactement en quelle année, mais c'est vraiment très très précis dans ma mémoire. Plus tard, vers l'âge de 4 ans, j'avais initié mon copain et voisin Patou aux joies de la construction et avait rempli un trou d'arbre avec du béton (fait de mes petites mains). Maman a râlé en retrouvant la cafetière familiale (mais enfin elle traînait dehors) bétonnée à mort quelques heures plus tard mais sous l'oeil attendri de Papa, je n'ai eu droit qu'à être un peu grondée... Il faut dire que nous dormions dans une tente à ce moment là, car la maison n'avait pas de toit et que souvent des ustensiles de cuisine se retrouvaient sur le chantier. La maison s'est appelée "Clair de Lune" car la première nuit où nous y avons dormi, il y avait une pleine lune juste en face de la grande porte vitrée et les parents n'ont pas dormi. Nous étions 4 adultes et 4 enfants à ce qu'il me semble dans une pièce qui faisait 4m x 3...

castor2castor5castor4Etre fille de Castor, c'est entrer dans un univers de sciure, d'odeur de béton frais, puis, de béton poussiéreux, de plâtre, de copaux de bois. De clous dans les pieds, d'échardes dans les doigts, de poussière de ciment dans l'oeil. C'est Papa qui demande : "tiens moi ça". Et on tient, et on apprend, et on est émerveillée... que ce Papa en question construise tout seul une maison, d'année en année. Et puis, la fille de castor devient grande et sait... Elle sait comment souder deux tuyaux de cuivre ensemble avec un chalumeau, (Nantes 1970 environ,"va remettre l'eau au compteur" et tous les deux côte à côte dans la cave, attendions la goutte fatidique qui aurait été le signal de tout à refaire, et "waou, ça ne fuit pas"... Mamaaannnnn, ça ne fuit pas!!!) elle sait comment assembler des pièces de bois en queue d'aronde, elle sait remettre à neuf un mur plein de trous, comment utiliser une perceuse, ponceuse, juste la scie circulaire qui lui fait encore peur... C'est aussi dormir dans une chambre qui ressemble à Tchernobyl pendant 2 ans, avec des chandelles qui soutiennent le trou qui a été fait dans le mur, des plastiques qui "protègent" sa chambre des poussières en attendant une chambre qui sera faite dans le grenier quelques mois plus tard...

castor6castor3

CABANON

Le Captain Troy est arrivé dans ma vie et a construit : un deck, un jardin, une cabane de jardin, puis s'est lancé dans une oeuvre d'art :

le Bungalove... Si vous allez sur le lien, cliquez sur la page d'accueil vous y verrez la construction pas à pas... C'est une merveille avec tout pensé et repensé, fabriqué sans plans, sans croquis (ou si peu) avec un tas de bois énorme, et tous les jours et heures de congés... Donc, le Captain Troy est Castor aussi... Comment ai-je pu fabriquer des enfants qui ne semblent pas capables de tenir ne serait-ce qu'un pinceau ??? Ce sont les mystères de la génétique qui feront si vous le voulez un débat ultérieur...

Posté par bleue971 à 18:43 - Bricoles - Rétroliens [0] - Permalien [#]